mercredi 29 avril 2015

3. Ulric

La nuit était tombée depuis longtemps sur Fort Carzak mais Ulric ne trouvait pas le sommeil. Il avait fait une promesse et il ne savait pas s’il allait avoir le pouvoir de la tenir.
Il n’avait qu’une chose à faire.
Ulric se leva donc au beau milieu de la nuit. Il enfila des vêtements sombres et quitta sa chambre. Il fit attention pour ne pas se faire surprendre par des gardes et il descendit vers les catacombes de la forteresse. De là, il savait qu’il pourrait gagner la basse ville sans grande difficulté.
Les couloirs sombres des catacombes l’avaient toujours beaucoup amusé. Il avait passé une bonne partie de son enfance à les parcourir dans le plus grand secret, si son père l’avait su, il aurait pris de sacrée correction. Même Delhia ignorait où il disparaissait pendant des heures. Ulric se promenait dans les rues secrètes de Fort Carzak.
Après avoir passée prêt d’un quart d’heure dans les catacombes, il arriva face à un escalier qui montait. Ulric l’emprunta et arriva au cœur du quartier gris. Ulric connaissait chaque rue de la cité, mais le quartier gris changeait sans cesse. Et la nuit n’était pas son allié pour se repérer dans ce labyrinthe.
Ulric se concentra un peu et chercha le Fort. Une fois le fort en vue, il put se repérer. Il n’était qu’à quelque rue de la Rose Cendrée. Ulric n’arriva sans mal devant le bordel. Il y entra et se dirigea directement vers le bureau de Sigmund.
Sigmund n’était pas seul, mais Ulric n’en avait que faire. Il pénétra dans la crypte. L’homme qui se trouvait face au taulier ne tourna pas la tête mais mis aussitôt un capuchon pour se cacher.
« On n’interrompt pas les gens de la sorte ! » s’exclama alors Sigmund. « Même le fils d’un Lord doit connaitre la politesse ! »
Ulric inclina la tête vers le tenancier, comme pour s’excuser.
« Je suis ici pour parler affaire ! » expliqua Ulric. « Une affaire des plus urgentes ! »
« Qu’y a-t-il de si urgent pour me déranger au beau milieu de la nuit ? » répliqua alors le propriétaire des lieux.
« Je souhaite vous acheter l’un de vos protégé ! » dit le jeune prince de la ville.
« Laisse-moi deviner ! Je suppose que c’est Elvil que tu veux ! »
L’homme encapuchonné sembla soudainement plus intéresser par la scène qui se produisait sous ses yeux.
« Oui, c’est bien Elvil que je veux ! » confirma alors Ulric. « Je quitte la ville demain et je souhaite qu’il m’accompagne ! »
Sigmund regarda alors l’homme face à lui, comme si il demandait son accord. L’homme retira son gant gauche laissant apparaitre une main blanche comme la neige aux ongles longs et jaunis. A son annulaire, il portait une chevalière impressionnante. De l’autre bout de la pièce, Ulric pu discerner le symbole gravé dessus : un cheval de profil avec un rubis en guise d’œil surmonté d’une couronne. Ulric ne connaissait aucune maison majeure ou mineure dans tout Walhalla qui possédait un tel blason.
Après quelque seconde, Sigmund accepta la transaction. Il vendit donc Elvil à Ulric. Ulric repartit donc vers la chambre d’Elvil.
Lorsqu’il entra, le jeune homme dormait. Il était calme et paisible. Ulric souffla furtivement sur sa nuque dégagé, puis, il lui murmura à l’oreille :
« Tu es libre ! »
Elvil s’éveilla alors. Lorsqu’il vu Ulric, le jeune homme fut surpris.
« Que fais-tu là ? » demanda-t-il.
« J’ai tenu ma promesse ! Tu es libre, Elvil ! »répondit alors Ulric, en lui souriant.
« Libre ? Je suis libre ! Tu m’as libéré ! »
« Oui, je souhaitais que tu m’accompagne… Je pars vers le Fort du Roi demain ! » expliqua Ulric.
« Pourquoi ? » questionna alors Elvil.
« Car le Roi le veut ! Et ce que le roi veut, nous l’exécutons ! » répondit Ulric, calmement.
« Donc tu n’es pas libre si tu obéis aussi bêtement à un homme ! » remarqua le jeune androgyne.
« C’est le roi ! Nous lui devons obéissance ! »
« Seul les dieux mérite l’obéissance d’un homme libre, ton roi est-il un dieu ? » demanda alors Elvil.
« Non, c’est un homme comme toi et moi ! » répondit le jeune prince.
« Alors tu n’es pas libre ! » conclu Elvil. « Je t’accompagnerai, mais ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre ! »
Elvil s’habilla rapidement et suivit Ulric dans les rues, puis dans les catacombes menant au fort. Une fois arrivé dans le fort, Ulric conduisit Elvil dans le quartier des servants, il lui expliqua la vie au fort et il en fit son servant personnel, pour s’assurer de sa venue au Fort du Roi.
Ulric regagna ensuite sa chambre. Il se déshabilla et se coucha. Il allait s’endormir quand sa porte s’ouvrit.
Une ombre se glissa dans la chambre. Puis s’approcha du lit. Ulric ne se rendit compte de qui était présent quand la personne parla :
« Tu dors ? » demanda alors Delhia.
Ulric soupira. Comme toujours quand sa sœur souffrait d’insomnie elle venait le voir dans la nuit et Ulric supportait les longues discussions sur sa « triste » vie. Mais cette nuit-là, elle semblait toujours excitée par l’annonce de leur père. Elle s’allongea donc sur le lit d’Ulric, à côté du jeune homme.
« Tu te rends compte ! Demain, nous quitterons Fort Carzak ! » Elle fit une pause. « Je suis si impatiente ! »
« Tu n’as pas peur que Fort Carzak te manque ? » demanda alors Ulric qui savait que sa vie ici lui manquerait aussi court serait ce voyage.
« Me manquer ? Bien sûr que non ! Je n’aurais pas le temps d’y penser ! » répliqua la jeune princesse. « Il va y avoir un grand bal donné en notre honneur, peut-être même un tournoi ! Et puis, nous visiterons le marché de Fort au Roi, les jardins du palais et la Reine m’invitera surement à boire le thé en sa compagnie ! »
Ulric n’écoutait plus Delhia. Il comprenait sa joie de partir pour le Fort du Roi, mais les mots d’Elvil résonnaient encore dans sa tête.
Tu n’es pas libre !
Il semblait partir loin. Ses pensées s’éloignaient de plus en plus.
Ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre !
Ces mots étaient censés. Mais Ulric n’arrivait plus à les comprendre.
Delhia finit par se taire, sans doute s’était-elle endormie. Ulric ne pensa pas plus longtemps et sombra dans le sommeil.

lundi 6 avril 2015

2. Delhia

La vie avait souri à la jeune princesse de Fort Carzak. Delhia Nasaab était l’une des plus belles femmes de Walhalla, elle avait grandi sous le soleil de Fort Carzak, courtisée par de nombreux hommes, mais elle était née en étant promise au prince héritier du trône de Walhalla, qui à son grand malheur n’était pas encore né.
Delhia venait d’avoir dix-sept ans, comme son frère jumeau, Ulric mais malgré toute la chance qu’elle avait, elle jalousait son frère. En tant que promise d’un héritier toujours absent, Delhia avait vécu enfermer dans une tour alors que son frère jumeau, allait et venait librement dans leur cité.
Cependant, Delhia avait trouvé une fenêtre sur le monde à l’aide d’une relation épistolaire qu’elle entretenait avec le fils d’un noble du Fort du Roi qui l’avait courtisé quelques années plus tôt. Delhia était en train de se faire brossé ses longs cheveux bruns par une servante quand l’oiseau du jeune homme arriva : c’était une colombe blanche.
« Un message de Sir Chastagnac ! Vite ! Allez me le chercher ! »
La servante cessa donc de lui brosser les cheveux et alla à la fenêtre, elle l’ouvrit et récupéra le message, la servante lui donna aussi quelque graine puis la colombe s’envola.
Delhia lu le message, puis, elle s’assit et se mit à pleurer, gardant le message bien en main.
« Que se passa-t-il, Madame ? » se permit de demandé la servante.
« La Reine a mis bas ! Je devrais être heureuse, mais c’est encore une fille qui est née ! » répondit alors Delhia, vraiment attristé par la nouvelle. « J’ai bien peur de mourir seule, enfermée dans cette tour, si cela continue ! »
La servante se remit à brosser les cheveux de Delhia.
« Et pourquoi Madame ne cherche-t-elle pas un autre époux ! »
Delhia tourna la tête vers sa servante.
« Ce que tu peux être sotte ! » répliqua-t-elle alors. « Mon père a promis ma main au premier fils du roi, le jour même de ma naissance ! Le roi a accepté, me condamnant donc à attendre que la Reine daigne mettre au monde un hériter male ! » Delhia reprit sa respiration. « Mais pour le moment, la Reine se contente de fille ! C’est la cinquième ! »
La servante ne répondit rien à Delhia, continuant de lui brosser les cheveux.
Delhia s’observait dans le miroir. Elle avait de longs cheveux bruns qui ondulaient. Son visage était doux, ses yeux en amande étaient noirs avec quelques touches de violet. Delhia avait le charme des Nasaab. Si elle n’était pas déjà promise, le fort ne désemplirait pas de jeune seigneur, espérant obtenir ses faveurs. Mais malheureusement, elle était déjà promise et c’était là, toute sa malédiction.
« Et si le roi mourait sans héritier, que se passerait-il ? » demanda soudainement la servante, sortant Delhia de sa rêverie.
« Et bien la promesse n’aurait plus lieu d’être ! » répondit alors la jeune femme. « Mais malheureusement pour moi, le roi n’a jamais été aussi en forme, dit-on ! »
« Et souhaitez la mort du roi sera mal vu ! » conclu la servante.
Delhia secoua la tête. Ce serait de la trahison d’espérer la mort du monarque. Delhia oublia donc cette solution, aussi vite fut elle entré dans sa tête.
Delhia, aidé de sa servante, s’habilla d’une belle robe légère en coton violet cousu en fil d’argent. Puis, elle quitta sa chambre.
Les appartements de la famille Nasaab était vaste, mais ils ennuyaient la jeune femme. Elle se dirigea donc vers les jardins. Elle appréciait s’y promener au crépuscule, prendre un peu de hauteur et observer le soleil se couché sur la Mer de Libres.
Bien que libre, Delhia se sentait prisonnière et observé la mer lui donnait l’impression de pouvoir aller où bon lui semblait.
Alors quel était assise, dans le jardin, sous un vieille olivier, à observer le soleil se couché, Ulric s’approcha d’elle et la sortit de ses douces rêverie.
Elle admirait son frère jumeau. Il était beau et fort. C’était un peu son idéal masculin. Elle lui voyait bien l’étoffe d’un roi.
« Je m’ennuie… » dit-elle à voix basse lorsqu’Ulric s’approcha d’elle.
« Travail donc ta broderie ! » répondit alors Ulric avec humour. « Je me rappelle encore de la nonne qui hurlait que tes points était mal fait ! »
« Et moi des coups de canne qu’elle me mettait cette harpie ! » répliqua-t-elle. « Je n’étais pas une brodeuse ! Je suis une lady ! »
Ulric ria.
« Moi, je me rappelle aussi du maitre qui t’enseignait l’écriture ! Ce fut un travail laborieux ! » dit-elle. « Je ne suis pas un homme de lettre ! Je suis un lord ! »
« Oui, mais un lord ne sachant ni lire, ni écrire sera incapable de diriger une ville ! » ajouta d’une voie grave Lord Nasaab qui arrivait derrière eux. « Ni même de garder sa famille dans les bonnes grâces du Roi ! »
Aussitôt, les deux enfants se levèrent et retrouvèrent leur calme.
Lord Nasaab était un homme imposant, très grand et fort. Ses cheveux bruns étaient épais, et il portait une barbe qui lui donnait un visage grave, accentué par l’épaisseur de ses sourcils. Ses yeux étaient, comme ceux de sa fille, noirs avec quelques touches de violet. Il portait une tunique en coton noir ceinturé par une sangle en cuir. Lord Nasaab impressionnait par sa carrure. Il aurait fait peur à n’importe qui, sauf à ses enfants qui savait que derrière son apparence rustre et sévère se cachait un père doux et aimant ne voulant que leur bonheur.
« J’espérais vous trouver là, mes enfants ! » dit alors Lord Nasaab. « Je viens d’apprendre que la Reine venait de mettre au monde une cinquième fille mais aussi que le roi souhaitait nous voir ! »
« Nous ? » demanda avec surprise Delhia.
« Oui, notre famille ! Il nous mande à Fort du Roi de toute urgence ! » expliqua-t-il. « Nous partirons donc demain ! »
« Mais père, nous ne pouvons pas tous quitter Fort Carzak ! Il doit rester un Nasaab pour défendre la ville ! » reprit alors Ulric, dans la panique.
« C’est pour cette raison que nous ne partons que demain ! Le temps que ma sœur Serah arrive de Port Dragon ! » répliqua l’homme.
Lord Nasaab quitta donc les jardins regagnant le fort.
Delhia était surexcité.
« Tu te rends compte ! On part pour Fort du Roi ! C’est formidable ! » dit-elle à son frère.
Ulric ne répondit rien. Il laissa Delhia s’excité dans le jardin et regagna à son tour le fort.
Delhia resta encore un peu dehors. Elle respirait l’air marin de Fort Carzak tout en pensant à l’aventure qu’elle allait vivre. Elle quitterait enfin sa tour pour vivre une vie normal. Finalement, cette journée se terminait sur une note positive pour la jeune fille.
Delhia regarda une dernière fois le soleil de Fort Carzak disparaitre le long de la mer. Elle ne savait pas quand elle reverrait cette scène, mais ce dernier couché de soleil fut une source de joie pour elle.

mardi 31 mars 2015

1. Ulric

Fort Carzak était à la base une forteresse bâtit pour surveiller la Mer des Libres. Aujourd’hui, c’était devenu une ville importante pour Walhalla. Tous les navires commerçant partant des cités libres de Pentos et de Lyria étaient contraint de passer par Fort Carzak pour passer en Walhalla. Ces conditions économique quelques génération, une famille majeurs.
Ulric Nasaab était âgé de dix-sept ans, c’était un beau jeune homme. Sa peau était cuivré dut au soleil chaud qui frappait Fort Carzak tout au long de l’année. Il avait une épaisse chevelure brune coupé court, mais frisottant malgré tout. Il avait un visage long et doux : ses yeux était légèrement en amande d’un noir profond, son nez était fin et ses lèvres douce. Enfin, Ulric était bien bâtit. Il était de grande taille, avait des épaule imposante et une taille marqué, ces jambes quand a elle était musculeuse dut aux longues heures passé à cheval. En plus d’être l’un des plus beaux garçons de Walhalla, Ulric s’avérait aussi avoir de l’intellect. Il était un fin stratège et grand manipulateur. Son père était fier de lui et le destinait à de grande chose, c’est pourquoi, il l’avait envoyé sur le port pour y faire l’apprentissage du travail d’un seigneur de Fort Carzak.
Ulric passait donc son temps à la capitainerie du port, en compagnie de Sir Isaac Bolton, un vieil homme aigri, sans famille, qui avait passé sa vie dans le port de Fort Carzak à vérifier les cargaisons des navires en partance pour le continent. Sir Isaac était un homme peu patient et Ulric, qui s’ennuyait fortement avait bien comprit qu’il lui suffisait de le pousser un peu en lui posant quelque question stupide pour qu’il soit renvoyer pour la journée.
Alors, dès le début de l’après-midi, Ulric abusa de question stupide et sans véritable intérêt. Au bout d’une heure, Sir Isaac Bolton se lassa du jeune seigneur et le congédia.
Ulric quitta donc la capitainerie pour flâner dans les rues de Fort Carzak.
Fort Carzak était une ville envoutante et mystérieuse qui bénéficiait d’un cadre magistral. Les fondations de l’ancien fort régnaient sur la ville du haut de la falaise des damnés. Le temps avait usés le fort, mais il n’en était que plus beau. Il semblait briller au soleil comme si il était fait d’argent. Cet aspect nuançait avec les maisons de la ville. Les toits rouges de la ville donnaient une impression d’un fort nimbé au milieu d’une flaque de sang. D’où se trouvait Ulric, la vue était tout autre. Les maisons, sous leur toit, étaient d’un blanc comparable à de la neige. Parsemé de touche de rouge pour les menuiseries. De plus, la ville était fleurit de coquelicot, de rose rouge et de tulipe, à l’image du blason des Nasaab : le blanc des mines de sels et un rose rouge pour la passion qui embrase cette famille. Les routes pavés quant à elle laissait toujours l’impression à Ulric de marché sur les chemins escarpés qui permettait l’ascension du volcan Taurus, qui trônait au centre de l’ile.
Fort Carzak était une ville vivant au rythme des voyageur et marchand qui faisait escale ici, mais aussi au contrebandier qui peuplait la basse ville. C’était d’ailleurs dans la basse ville que se dirigeait le jeune homme.
La basse ville était un endroit changeant qui ignorait les codes établit ailleurs dans Fort Carzak. Les pauvres y vivaient et les riches y venaient faire des affaires qui ne regardaient qu’eux. Ulric s’y rendait pour voir quelqu’un. La basse ville était bien plus sombre que le reste de Fort Carzak. On y découvrait des maisons plus simples et quelques habitats de fortune occupé par des mendiants. On l’appelait le Quartier Gris. Les bordels pullulaient aussi dans la basse ville, mais les riches hommes savaient qu’il fallait mieux les évité : c’était bien souvent des repaire pour les malfrats recherché en Walhalla. Ulric n’avait que faire de ces préjugés. Il s’arrêta devant un bordel : La Rose Cendrée. Il regarda autour de lui de crainte qu’un garde, ou pire un noble de la ville le repère. La voie étant libre, il rentra dans le bordel.
A première vue, l’endroit ressemblait d’avantage à une taverne, sans intérêt. Quelques hommes étaient installés et buvaient un verre, tout en discutant de leurs travails, de leurs familles, de leurs bâtards.
Un homme cependant n’était pas assis, il tournait dans la salle, murmurant quelque mot aux oreilles d’autres quand il passait à côté d’eux. Sigmund Hamilton. C’était un petit homme d’environ trente-cinq ans. Il portait une tunique grise et blanche avec l’emblème du nord cousus en fil d’argent : un flocon de neige argenté. Ses cheveux auburn était coupé long, encadrant son visage marqué par un regard dur. Il était le frère cadet de Lord Hamilton, seigneur du Nord, exilé à Fort Carzak suite à s’être fait prendre en train de voler les bijoux de Lady Hamilton pour les revendre sur le marché noir. Le froid et la sauvagerie du nord l’avait marqué, il portait une cicatrice de son passé qui lui balafrait le visage et que chacun pouvait admirer en le croisant. On racontait qu’il s’était fait cette cicatrice lors d’un combat singulier avec un aubergiste nordique qui refusait de lui offrir le gite pour la nuit.
L’exil lui avait apporté du bon, il avait investi son argent dans une mine de sel en arrivant à Fort Carzak qui, disait-on, lui rapportait beaucoup d’or. Alors il s’était intéresser de prêt au bordel de la basse ville et en avait acheté une bonne parti, mais la Rose Cendrée était son favori.
Bien qu’Ulric ne fût pas là pour le voir, la confrontation était inévitable. L’homme s’approcha d’Ulric et le salua en bon terme, puis il le guida à l’écart du monde. Ils marchèrent dans un couloir sombre, si sombre qu’Ulric voyait à peine l’homme qui le guidait dans l’ombre. Il sentait qu’il descendait, mais vers où, le jeune homme l’ignorait. Soudain, Ulric et le propriétaire des lieux débouchèrent dans une salle éclairée par une ouverture dans le plafond. L’endroit ressemblait à une crypte. Elle était fraiche et agréable, de l’eau coulait et semblait former une petite rivière sous-terraine. L’idée que c’était l’un des plus beaux mystères de Fort Carzak traversa l’esprit du jeune seigneur mais il revint rapidement à la réalité. Son hôte en avait fait un bureau secret. Il s’était installé et invita Ulric à en faire de même. Ulric s’assit donc sur une chaise tout en observant la crypte secrète.
« Que vient donc faire le fils de Lord Nasaab dans un endroit aussi peu fréquentable ? » demanda alors Sigmund.
« Que pourrais-je bien faire dans un bordel ? » répondit alors Ulric avec une touche d’insolence qui lui était propre.
Le maitre des lieux ricana. Il n’exprima cependant aucune surprise. Puis il demanda à Ulric ce qu’il cherchait. Ulric répondit simplement d’un nom : Elvil.
« Que voulez-vous faire d’un esclave d’Ora que j’ai libéré ? » questionna aussitôt Sigmund, intrigué par la demande du jeune homme.
« C’est un bon conteur et j’adore les histoires ! » répondit simplement Ulric, toujours avec cette pointe d’insolence.
Sigmund libera donc Ulric en le conduisant jusqu’à la chambre d’Elvil.
Elvil était un jeune homme de dix-sept ans, il venait d’Ora, une cité des terres barbare d’Eden. Il était grand et mince. Il avait une longue chevelure blonde et quelque peu frisé. Son visage était doux et ses traits fins faisaient penser qu’il aurait pu être une femme.
Elvil était allongé, sur le ventre, nu. Il regardait Ulric et son visage s’illumina.
Ulric s’approcha alors de lui, il s’assit sur le lit et glissa sa main dans les cheveux du jeune androgyne. Elvil se releva alors et embrassa Ulric. Le jeune homme ne bougea pas, il le laissa faire. Puis, Elvil murmura à l’oreille d’Ulric :
« Libère-moi ! »
Ulric ne répondit rien. Il ne fit qu’un petit oui de la tête. Puis, il ajouta juste d’une voix posé et calme :
« Je te le promets ! »
Puis, Ulric lui demanda de lui raconter ses histoires. Elvil était un esclave venant d’Ora, une ville taillée dans l’or, selon ses dires. Il y vivait comme voleur appartenant à un puissant clan. Il avait vécu de nombreuse aventure. Il aurait même chassé un dragon, mais sur ce point Ulric était sceptique. Les dragons étaient des légendes que l’on racontait aux enfants pour les effrayer.
Ulric ne vit pas passer l’après-midi et il quitta la Rose Cendrée alors que la nuit commençait à tomber. Il quitta rapidement la basse ville, mais prit d’avantage de temps dans la ville. Fort Carzak, lorsque la nuit tombait était sans doute la plus grande merveille de Walhalla. Les rues grouillaient. Les gens favorisaient la fraicheur de la soirée pour travailler et vivre. Ulric observa les étals du marché se remplir de fruit, gorgé par le soleil des chaude journée, de miel, produit sur les flan du Taurus, de poisson, pêché dans la Mer des Libres… Puis, Ulric rentra enfin au fort, avec l’angoisse que son père ait découvert qu’il n’avait pas passé la journée à la capitainerie mais dans un bordel de la basse ville.

Prélude

Le temple de la Lumière du Fort du Roi était plein. Chaque banc accueillait plus de personne qu’il n’en pouvait. Le temple habituellement austère et peu accueillant était, ce jour-là, remplit de bouquet de fleur des champs, laissant une odeur agréable embaumé le temple.
Tout le monde était installé, dans un calme olympien et selon un protocole bien rodé. La famille royale était au premier rang, puis les grandes familles selon un ordre décroissant de leur importance et des affinités avec la famille royale. Ainsi, on retrouvait la famille Nasaab de Fort Carzak, la famille Foster d’Adamantine, la famille Reggan de Fort au Loin, la famille Hamilton de Château Nord, puis des seigneurs moins important, souvent vassaux des Frey, la famille du future roi. Enfin, tout au fond du temple, on retrouvait les émissaires étrangers, venant de Pentos et Lyria, les cités libres.
Tout ce beau monde patienta une bonne partie de la matinée, dans le temple.
En fin de matinée, la grande prêtresse d’Isaru, le dieu de la Lumière, fit son entrée. C’était une femme très âgée, elle représentait le culte principal en Walhalla. A son entrée, toute l’assemblée se leva. Certaines personnes, les plus pieuses, s’inclinèrent au passage de la prêtresse. Elle dégageait une aura de puissance malgré son âge avancé, ce qui forçait le respect.
Enfin, Alexandre, le futur roi entra. C’était un jeune homme d’à peine vingt ans. Il avait encore le visage d’un enfant. Il avait de grands yeux bleus, presque azur. Ses traits fins était d’autant moins marqués par sa chevelure blonde, typique des Frey. Il portait une armure imposante en argent.
Il avança dans l’allée, tout le monde s’inclinait sur son passage. Puis, lorsqu’il arriva face à la grande prêtresse, il s’inclina face à elle.
Le couronnement put commencer.
« Ava, guerrière légendaire qui a conquis Walhalla, donne-moi ta force pour régner sur tes Terres ! Faris, roi héroïque qui a unifié Walhalla, donne-moi ta sagesse pour faire de ton royaume un havre de paix ! Ulric, constructeur divin, donne-moi ton ambition pour que mes actes restent à jamais dans l’histoire de Walhalla ! »
Après ses mots, le jeune Alexandre s’agenouilla. Une fois son genou posé à terre, la grande prêtresse d’Isaru, le dieu de la Lumière se leva s’approcha du jeune homme. Elle tenait dans ses mains la couronne des rois. Elle la leva vers le ciel et dit d’une voix faible et à peine audible par les gens se trouvant au premier rang du temple :
« Tu t’agenouille homme et tu te relèveras roi ! Isaru, maître de la Lumière, Dieu des hommes protège cet homme et fais en ton bras pour que ta voie résonne ici-bas ! »
Puis, la prêtresse mit la couronne sur la tête d’Alexandre.
Alexandre se releva, puis, il se tourna vers l’assemblée présente dans le temple. Il posa sa main gauche sur son cœur et s’exclama :
« Moi, Alexandre Frey premier du nom, Roi de Walhalla, je jure de protéger tous les peuples de Walhalla ! »
A la suite de ses mots, Glen Reggan, le seigneur de Fort au Loin s’exclama d’une voix forte et sûr de lui :
« Vive le Roi Alexandre ! Longue vie au Roi ! »
Aussitôt, tout le monde répéta la phrase. C’est alors que la cloche du temple sonna et ceux dans tout Walhalla.
Les festivités du couronnement durèrent sept jours et sept nuits. Puis chaque seigneur et leurs maisonnées quittèrent Le Fort du Roi, pour retrouver leurs cités.

Walhalla, la terre des promesses

Les Chroniques de Walhalla prennent place dans un monde différent du notre.
L'essentiel des actions des Chroniques de Walhalla se déroulent dans le royaume de Walhalla au Nord.
Cependant, les habitants de ce royaumes sont les descendant d'hommes et de femmes venant du Continent d'Eden, au Sud, aujourd'hui habité par des Barbares.