La nuit était
tombée depuis longtemps sur Fort Carzak mais Ulric ne trouvait pas
le sommeil. Il avait fait une promesse et il ne savait pas s’il
allait avoir le pouvoir de la tenir.
Il n’avait qu’une chose à faire.
Ulric se leva donc au beau milieu de la nuit. Il enfila des vêtements sombres et quitta sa chambre. Il fit attention pour ne pas se faire surprendre par des gardes et il descendit vers les catacombes de la forteresse. De là, il savait qu’il pourrait gagner la basse ville sans grande difficulté.
Les couloirs sombres des catacombes l’avaient toujours beaucoup amusé. Il avait passé une bonne partie de son enfance à les parcourir dans le plus grand secret, si son père l’avait su, il aurait pris de sacrée correction. Même Delhia ignorait où il disparaissait pendant des heures. Ulric se promenait dans les rues secrètes de Fort Carzak.
Après avoir passée prêt d’un quart d’heure dans les catacombes, il arriva face à un escalier qui montait. Ulric l’emprunta et arriva au cœur du quartier gris. Ulric connaissait chaque rue de la cité, mais le quartier gris changeait sans cesse. Et la nuit n’était pas son allié pour se repérer dans ce labyrinthe.
Ulric se concentra un peu et chercha le Fort. Une fois le fort en vue, il put se repérer. Il n’était qu’à quelque rue de la Rose Cendrée. Ulric n’arriva sans mal devant le bordel. Il y entra et se dirigea directement vers le bureau de Sigmund.
Sigmund n’était pas seul, mais Ulric n’en avait que faire. Il pénétra dans la crypte. L’homme qui se trouvait face au taulier ne tourna pas la tête mais mis aussitôt un capuchon pour se cacher.
« On n’interrompt pas les gens de la sorte ! » s’exclama alors Sigmund. « Même le fils d’un Lord doit connaitre la politesse ! »
Ulric inclina la tête vers le tenancier, comme pour s’excuser.
« Je suis ici pour parler affaire ! » expliqua Ulric. « Une affaire des plus urgentes ! »
« Qu’y a-t-il de si urgent pour me déranger au beau milieu de la nuit ? » répliqua alors le propriétaire des lieux.
« Je souhaite vous acheter l’un de vos protégé ! » dit le jeune prince de la ville.
« Laisse-moi deviner ! Je suppose que c’est Elvil que tu veux ! »
L’homme encapuchonné sembla soudainement plus intéresser par la scène qui se produisait sous ses yeux.
« Oui, c’est bien Elvil que je veux ! » confirma alors Ulric. « Je quitte la ville demain et je souhaite qu’il m’accompagne ! »
Sigmund regarda alors l’homme face à lui, comme si il demandait son accord. L’homme retira son gant gauche laissant apparaitre une main blanche comme la neige aux ongles longs et jaunis. A son annulaire, il portait une chevalière impressionnante. De l’autre bout de la pièce, Ulric pu discerner le symbole gravé dessus : un cheval de profil avec un rubis en guise d’œil surmonté d’une couronne. Ulric ne connaissait aucune maison majeure ou mineure dans tout Walhalla qui possédait un tel blason.
Après quelque seconde, Sigmund accepta la transaction. Il vendit donc Elvil à Ulric. Ulric repartit donc vers la chambre d’Elvil.
Lorsqu’il entra, le jeune homme dormait. Il était calme et paisible. Ulric souffla furtivement sur sa nuque dégagé, puis, il lui murmura à l’oreille :
« Tu es libre ! »
Elvil s’éveilla alors. Lorsqu’il vu Ulric, le jeune homme fut surpris.
« Que fais-tu là ? » demanda-t-il.
« J’ai tenu ma promesse ! Tu es libre, Elvil ! »répondit alors Ulric, en lui souriant.
« Libre ? Je suis libre ! Tu m’as libéré ! »
« Oui, je souhaitais que tu m’accompagne… Je pars vers le Fort du Roi demain ! » expliqua Ulric.
« Pourquoi ? » questionna alors Elvil.
« Car le Roi le veut ! Et ce que le roi veut, nous l’exécutons ! » répondit Ulric, calmement.
« Donc tu n’es pas libre si tu obéis aussi bêtement à un homme ! » remarqua le jeune androgyne.
« C’est le roi ! Nous lui devons obéissance ! »
« Seul les dieux mérite l’obéissance d’un homme libre, ton roi est-il un dieu ? » demanda alors Elvil.
« Non, c’est un homme comme toi et moi ! » répondit le jeune prince.
« Alors tu n’es pas libre ! » conclu Elvil. « Je t’accompagnerai, mais ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre ! »
Elvil s’habilla rapidement et suivit Ulric dans les rues, puis dans les catacombes menant au fort. Une fois arrivé dans le fort, Ulric conduisit Elvil dans le quartier des servants, il lui expliqua la vie au fort et il en fit son servant personnel, pour s’assurer de sa venue au Fort du Roi.
Ulric regagna ensuite sa chambre. Il se déshabilla et se coucha. Il allait s’endormir quand sa porte s’ouvrit.
Une ombre se glissa dans la chambre. Puis s’approcha du lit. Ulric ne se rendit compte de qui était présent quand la personne parla :
« Tu dors ? » demanda alors Delhia.
Ulric soupira. Comme toujours quand sa sœur souffrait d’insomnie elle venait le voir dans la nuit et Ulric supportait les longues discussions sur sa « triste » vie. Mais cette nuit-là, elle semblait toujours excitée par l’annonce de leur père. Elle s’allongea donc sur le lit d’Ulric, à côté du jeune homme.
« Tu te rends compte ! Demain, nous quitterons Fort Carzak ! » Elle fit une pause. « Je suis si impatiente ! »
« Tu n’as pas peur que Fort Carzak te manque ? » demanda alors Ulric qui savait que sa vie ici lui manquerait aussi court serait ce voyage.
« Me manquer ? Bien sûr que non ! Je n’aurais pas le temps d’y penser ! » répliqua la jeune princesse. « Il va y avoir un grand bal donné en notre honneur, peut-être même un tournoi ! Et puis, nous visiterons le marché de Fort au Roi, les jardins du palais et la Reine m’invitera surement à boire le thé en sa compagnie ! »
Ulric n’écoutait plus Delhia. Il comprenait sa joie de partir pour le Fort du Roi, mais les mots d’Elvil résonnaient encore dans sa tête.
Tu n’es pas libre !
Il semblait partir loin. Ses pensées s’éloignaient de plus en plus.
Ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre !
Ces mots étaient censés. Mais Ulric n’arrivait plus à les comprendre.
Delhia finit par se taire, sans doute s’était-elle endormie. Ulric ne pensa pas plus longtemps et sombra dans le sommeil.
Il n’avait qu’une chose à faire.
Ulric se leva donc au beau milieu de la nuit. Il enfila des vêtements sombres et quitta sa chambre. Il fit attention pour ne pas se faire surprendre par des gardes et il descendit vers les catacombes de la forteresse. De là, il savait qu’il pourrait gagner la basse ville sans grande difficulté.
Les couloirs sombres des catacombes l’avaient toujours beaucoup amusé. Il avait passé une bonne partie de son enfance à les parcourir dans le plus grand secret, si son père l’avait su, il aurait pris de sacrée correction. Même Delhia ignorait où il disparaissait pendant des heures. Ulric se promenait dans les rues secrètes de Fort Carzak.
Après avoir passée prêt d’un quart d’heure dans les catacombes, il arriva face à un escalier qui montait. Ulric l’emprunta et arriva au cœur du quartier gris. Ulric connaissait chaque rue de la cité, mais le quartier gris changeait sans cesse. Et la nuit n’était pas son allié pour se repérer dans ce labyrinthe.
Ulric se concentra un peu et chercha le Fort. Une fois le fort en vue, il put se repérer. Il n’était qu’à quelque rue de la Rose Cendrée. Ulric n’arriva sans mal devant le bordel. Il y entra et se dirigea directement vers le bureau de Sigmund.
Sigmund n’était pas seul, mais Ulric n’en avait que faire. Il pénétra dans la crypte. L’homme qui se trouvait face au taulier ne tourna pas la tête mais mis aussitôt un capuchon pour se cacher.
« On n’interrompt pas les gens de la sorte ! » s’exclama alors Sigmund. « Même le fils d’un Lord doit connaitre la politesse ! »
Ulric inclina la tête vers le tenancier, comme pour s’excuser.
« Je suis ici pour parler affaire ! » expliqua Ulric. « Une affaire des plus urgentes ! »
« Qu’y a-t-il de si urgent pour me déranger au beau milieu de la nuit ? » répliqua alors le propriétaire des lieux.
« Je souhaite vous acheter l’un de vos protégé ! » dit le jeune prince de la ville.
« Laisse-moi deviner ! Je suppose que c’est Elvil que tu veux ! »
L’homme encapuchonné sembla soudainement plus intéresser par la scène qui se produisait sous ses yeux.
« Oui, c’est bien Elvil que je veux ! » confirma alors Ulric. « Je quitte la ville demain et je souhaite qu’il m’accompagne ! »
Sigmund regarda alors l’homme face à lui, comme si il demandait son accord. L’homme retira son gant gauche laissant apparaitre une main blanche comme la neige aux ongles longs et jaunis. A son annulaire, il portait une chevalière impressionnante. De l’autre bout de la pièce, Ulric pu discerner le symbole gravé dessus : un cheval de profil avec un rubis en guise d’œil surmonté d’une couronne. Ulric ne connaissait aucune maison majeure ou mineure dans tout Walhalla qui possédait un tel blason.
Après quelque seconde, Sigmund accepta la transaction. Il vendit donc Elvil à Ulric. Ulric repartit donc vers la chambre d’Elvil.
Lorsqu’il entra, le jeune homme dormait. Il était calme et paisible. Ulric souffla furtivement sur sa nuque dégagé, puis, il lui murmura à l’oreille :
« Tu es libre ! »
Elvil s’éveilla alors. Lorsqu’il vu Ulric, le jeune homme fut surpris.
« Que fais-tu là ? » demanda-t-il.
« J’ai tenu ma promesse ! Tu es libre, Elvil ! »répondit alors Ulric, en lui souriant.
« Libre ? Je suis libre ! Tu m’as libéré ! »
« Oui, je souhaitais que tu m’accompagne… Je pars vers le Fort du Roi demain ! » expliqua Ulric.
« Pourquoi ? » questionna alors Elvil.
« Car le Roi le veut ! Et ce que le roi veut, nous l’exécutons ! » répondit Ulric, calmement.
« Donc tu n’es pas libre si tu obéis aussi bêtement à un homme ! » remarqua le jeune androgyne.
« C’est le roi ! Nous lui devons obéissance ! »
« Seul les dieux mérite l’obéissance d’un homme libre, ton roi est-il un dieu ? » demanda alors Elvil.
« Non, c’est un homme comme toi et moi ! » répondit le jeune prince.
« Alors tu n’es pas libre ! » conclu Elvil. « Je t’accompagnerai, mais ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre ! »
Elvil s’habilla rapidement et suivit Ulric dans les rues, puis dans les catacombes menant au fort. Une fois arrivé dans le fort, Ulric conduisit Elvil dans le quartier des servants, il lui expliqua la vie au fort et il en fit son servant personnel, pour s’assurer de sa venue au Fort du Roi.
Ulric regagna ensuite sa chambre. Il se déshabilla et se coucha. Il allait s’endormir quand sa porte s’ouvrit.
Une ombre se glissa dans la chambre. Puis s’approcha du lit. Ulric ne se rendit compte de qui était présent quand la personne parla :
« Tu dors ? » demanda alors Delhia.
Ulric soupira. Comme toujours quand sa sœur souffrait d’insomnie elle venait le voir dans la nuit et Ulric supportait les longues discussions sur sa « triste » vie. Mais cette nuit-là, elle semblait toujours excitée par l’annonce de leur père. Elle s’allongea donc sur le lit d’Ulric, à côté du jeune homme.
« Tu te rends compte ! Demain, nous quitterons Fort Carzak ! » Elle fit une pause. « Je suis si impatiente ! »
« Tu n’as pas peur que Fort Carzak te manque ? » demanda alors Ulric qui savait que sa vie ici lui manquerait aussi court serait ce voyage.
« Me manquer ? Bien sûr que non ! Je n’aurais pas le temps d’y penser ! » répliqua la jeune princesse. « Il va y avoir un grand bal donné en notre honneur, peut-être même un tournoi ! Et puis, nous visiterons le marché de Fort au Roi, les jardins du palais et la Reine m’invitera surement à boire le thé en sa compagnie ! »
Ulric n’écoutait plus Delhia. Il comprenait sa joie de partir pour le Fort du Roi, mais les mots d’Elvil résonnaient encore dans sa tête.
Tu n’es pas libre !
Il semblait partir loin. Ses pensées s’éloignaient de plus en plus.
Ne me dit pas que je suis libre alors que mes chaines appartiennent juste à un autre !
Ces mots étaient censés. Mais Ulric n’arrivait plus à les comprendre.
Delhia finit par se taire, sans doute s’était-elle endormie. Ulric ne pensa pas plus longtemps et sombra dans le sommeil.
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